NOV LP FLUIDES SÀRL

Résidence secondaire : le risque, c'est l'eau qui ne bouge pas

Publié en septembre 2026 · Novalp Fluides · 5 minutes de lecture

Chalet de montagne sous la neige, illustration

Illustration.

Quand on parle de préparer un chalet ou un appartement de vacances pour l'hiver, on pense au gel. À tort, le plus souvent : à l'intérieur d'une maison normalement isolée, il faut des conditions vraiment sévères pour qu'une conduite gèle. Ce qui abîme réellement une installation qu'on n'utilise que quelques semaines par an, c'est l'eau qui reste immobile dedans pendant des mois. Et ça, la directive suisse sur l'eau potable en fait un sujet à part entière.

Ce que devient l'eau qui stagne

L'eau du réseau arrive chez vous propre, mais jamais stérile : elle contient toujours quelques bactéries, dont les légionelles, en concentration sans danger. Tant que l'eau circule, elles n'ont pas le temps de se multiplier. Dans une conduite où elle ne bouge plus, à une température tiède, elles prolifèrent : entre 25 et 45 °C, c'est leur zone de confort. Un chauffe-eau réglé bas pour économiser pendant l'absence, une conduite d'eau froide qui traverse un local chauffé, un appartement fermé de septembre à décembre : ce sont exactement ces conditions.

Une eau qui a stagné des mois dans les conduites ne se boit pas, cela va de soi : elle se fait couler avant tout usage. Mais le risque propre aux légionelles est ailleurs : elles se transmettent par les fines gouttelettes en suspension, celles d'une douche typiquement. La douche du premier soir, après trois mois d'absence, prise avant que l'eau du chauffe-eau soit remontée en température, est le scénario que la directive cherche à éviter. Le Service de la consommation du canton du Valais cite d'ailleurs les maisons de vacances en premier exemple des « longues périodes d'inutilisation » à risque, et la directive SSIGE W3/C3 sur l'hygiène des installations d'eau potable, parue en 2020, consacre un tableau entier aux absences.

L'œil de l'installateur

La règle de base de la directive tient en un chiffre : l'eau d'une installation devrait être renouvelée au plus tard toutes les 72 heures. Personne ne tire l'eau tous les trois jours dans une résidence secondaire. C'est pour ça que la question n'est pas « comment empêcher l'eau de stagner », c'est « que faire en partant, et que faire en arrivant ».

Ce que dit la directive, absence par absence

La W3/C3 donne un tableau simple selon la durée pendant laquelle personne ne tire d'eau. Le voici, traduit pour un propriétaire :

AbsenceEn partantEn arrivant
Jusqu'à 3 joursRienLaisser couler un peu d'eau à chaque robinet.
Jusqu'à 7 joursRienLaisser couler jusqu'à ce que l'eau sorte à température stable.
Jusqu'à 4 semainesFermer les robinets d'arrêt (étage, groupe d'appareils ou distribution), ou faire renouveler l'eau régulièrement.Eau froide : tous les robinets grands ouverts, plusieurs à la fois, jusqu'à température stable. Eau chaude : tous les robinets à faible débit, jusqu'à température stable.
Toute une saisonIdem, ou faire couper le branchement de l'immeuble par le distributeur d'eau.Le même rinçage complet, eau froide puis eau chaude, à chaque point de puisage.

Deux choses à retenir de ce tableau. La première : dès qu'on part plus d'un mois, on ferme l'eau. Pas pour le gel, pour que l'eau ne reste pas sous pression dans une installation que personne ne surveille. La seconde : au retour, on rince tout, et pas seulement le robinet de la cuisine. Chaque point d'eau, froide puis chaude, y compris la douche de la chambre d'amis qui ne servira peut-être pas.

Et le gel, alors ?

Il concerne ce qui est réellement exposé, et la directive le dit en une phrase : les conduites à risque se ferment et se vidangent. Concrètement, la robinetterie d'arrosage et les robinets extérieurs, un tuyau d'arrosage resté raccordé, une conduite qui passe dans un garage ouvert ou le long d'une façade. Ce sont ces points-là qu'on ferme, qu'on vidange et qu'on laisse ouverts avant l'hiver. Le reste de la maison n'a pas besoin d'être vidé.

Une réserve, et elle compte : ce raisonnement vaut pour un bâtiment isolé, chauffé ou hors gel. Un mayen, un chalet ancien sans isolation, un local dont le chauffage est coupé tout l'hiver, ou une vague de froid prolongée avec le courant en panne, ce sont d'autres conditions, et là, une conduite intérieure peut geler. Dans ces cas, la vidange complète de l'installation se justifie, et elle se prépare avec un professionnel : ce que vous laissez plein et ce que vous videz dépend de votre installation, pas d'une règle générale.

L'œil de l'installateur

Le robinet d'arrosage est le premier dégât d'eau du printemps. Il gèle en janvier, la fissure ne se voit pas, et il coule le jour où on rouvre l'eau en avril, souvent dans un mur. Un robinet hors gel, monté avec la vanne à l'intérieur du bâtiment, règle la question une fois pour toutes.

Vous fermez jusqu'au printemps

  • Fermer la vanne générale après le compteur. Pour une absence de plusieurs mois, on peut aussi demander au distributeur de couper le branchement, comme le prévoit la directive.
  • Le chauffe-eau : le laisser en service à 60 °C est ce qui protège le mieux l'eau qu'il contient. Si vous préférez couper l'électricité, alors vidangez-le, mais coupez le courant avant la vidange, jamais après : une résistance qui chauffe à sec est perdue.
  • L'extérieur : fermer, vidanger et laisser ouverts les robinets d'arrosage et les conduites exposées, débrancher les tuyaux.
  • L'adoucisseur : mode absence ou dérivation selon la notice du fabricant ; la plupart conseillent de vérifier le sel et de lancer une régénération avant le départ.
  • Le chauffage : en hors gel, jamais coupé si la maison est chauffée par une chaudière ou une pompe à chaleur. Les services cantonaux de l'énergie recommandent de descendre jusqu'à 6 °C dès cinq jours d'absence : remonter de 6 à 20 °C coûte moins que maintenir 15 °C pendant des semaines. Un thermostat connecté qui alerte quand la température chute évite de découvrir en avril qu'elle s'est mise en sécurité en janvier.

Vous y venez pour le ski

  • Fermer l'eau à chaque départ, à la vanne générale. C'est le geste le plus rentable de cette liste : une fuite sur un flexible pendant trois semaines d'absence fait plus de dégâts que tous les gels réunis.
  • Rincer à l'arrivée, selon le tableau : eau froide grande ouverte partout jusqu'à ce qu'elle sorte fraîche, puis eau chaude à petit débit jusqu'à ce qu'elle sorte chaude. Cinq minutes, avant la première douche, pas après.
  • Le chauffe-eau à 60 °C avant d'ouvrir l'eau chaude. Si vous l'avez mis en mode absence, laissez-le remonter à 60 °C avant la première douche : c'est la température de sortie du chauffe-eau que la directive exige, et celle qui détruit les légionelles.
  • Le chauffage en mode absence entre deux séjours, jusqu'à 6 °C dès cinq jours selon les services cantonaux de l'énergie, jamais coupé. Et un contrôle d'avant-saison : pression, purge des radiateurs, réglages ; pour une pompe à chaleur, unité extérieure dégagée de la neige et évacuation des condensats libre.
  • Le compteur : un coup d'œil en arrivant, tout fermé. S'il tourne, il y a une fuite, et mieux vaut la trouver le premier jour que le dernier.
L'œil de l'installateur

Les températures de la directive sont les mêmes que pour n'importe quelle maison : eau froide sous 25 °C au robinet, eau chaude à 60 °C dans le ballon et à 50 °C au moins au point de puisage. Un chauffe-eau réglé à 45 °C « pour économiser » n'économise pas grand-chose et met l'eau exactement dans la zone où les légionelles se multiplient. Dans une résidence secondaire, c'est le premier réglage que nous vérifions.

Notre conseil : faites-le une fois avec nous, puis chaque saison sans nous

Une résidence secondaire se prépare en une visite : contrôle du chauffe-eau et de ses températures, robinets d'arrosage et conduites exposées, adoucisseur, chauffage, et la liste des gestes de départ et de retour adaptée à votre installation. Ensuite, la routine tient en cinq minutes à chaque départ et à chaque arrivée. Nous assurons cette préparation et la remise en service en station comme en plaine, pour les propriétaires directement ou à la demande d'une conciergerie ou d'une gérance. Le détail est sur nos pages Sanitaire et Chauffage.

Sources : directive SSIGE W3 pour installations d'eau potable, complément C3 « Hygiène dans les installations d'eau potable » (2020) · Recommandations OFSP / OSAV « Légionelles et légionellose » · Service de la consommation et affaires vétérinaires du Valais, « Légionelles dans les eaux de douche », février 2026 · energie-environnement.ch (services cantonaux de l'énergie), « Résidence secondaire : dès 5 jours d'absence, baisser le chauffage à 6 °C ».

Une résidence à préparer ?

Appelez-nous, laissez votre numéro, ou réservez directement votre visite gratuite en ligne.

Réserver une visite gratuite